Hier matin, à 5h50, je suis entrée dans ma 38ème année.
6h47, le réveil matin sonne. Dans la pénombre, mon petit homme se tourne vers moi, m'enlace avec son bras "bon anniversaire ma chérie". Je reste blottie contre lui quelques minutes, puis il se lève comme de coutume.
Comme pour chaque jour de la semaine, sitôt son petit déjeuner avalé, il a enfilé ses chaussures, attrappé ses clefs et son sac de cours et est parti à sa fac.
Moi, de mon côté, je me mets un épisode de Cosmos 1999, l'une de mes séries culte de SF des années 70 le temps de terminer mon thé du matin (une théière de un litre et demi, je précise), puis je me connecte sur le net et je pars discuter avec mes copines sur les chats où j'ai l'habitude de les voir.
16h30, le téléphone sonne "oui bonjour c'est interflora, on doit vous apporter des fleurs est ce que vous êtes chez vous ?". Un quart d'heure plus tard, le bouquet arrive... C'est ma soeur cadette qui me l'envoie. Un truc de fous ! Pour un bouquet c'est vraiment LE bouquet et je me demande même si ça va rentrer dans le seul vase qu'on a à la maison. Je suis bien secouée et je me dis que je vais attendre un peu que l'émotion redescende avant d'appeller ma soeur pour la remercier.
17h45. Minou rentre de la fac, pose ses affaires dans le bureau et me dis "files dans la chambre, je ne veux pas que tu vois ce que je fais. J'en ai pour une bonne demi-heure"
ça fait plusieurs jours qu'il me dit ça et je sais qu'il prépare quelque chose pour moi mais je n'ai encore pas idée de ce que ça va être. Ne voulant pas lui gacher sa surprise, je m'enferme donc dans la chambre avec de quoi m'occuper, deux jeux Gamecube (on a trois consoles à la maison réparties entre le salon et la chambre, en plus des deux ordinateurs) et je pars sauver la princesse Krystal du monde des dinosaures dans "Lylat Wars"
18h30, de derrière la porte j'entends soudain "tu peux sortirn maintenant". Je fais ma sauvegarde (ben oui, quand même...) j'ouvre la porte..... et je reste figée sur place, stupéfaite :
Je ne reconnais pas le salon qui est éclairé par la vacilante lueur de bougies qu'il a allumées un peu partout, dans la pièce et projette sur les murs une douce d'une lumière dorée.
Sur la table, il a préparé un diner au chandelles. Entrecroisées, deux roses une cinabre et une blanche encadrent nos deux grands verres à vins et une bouteille de clairette. Sur la petite désserte qui sert habituellement de support pour le clavier et la souris de l'ordinateur, il y a deux cadeaux : Un petit sac blanc cartonné et un paquet rouge.
Au milieu de toute cette féérie, je le vois lui, Mon Homme :
Il a mis un pantalon noir, l'une de mes anciennes chemises blanches de service et porte l'une des cravate de feu de mon père. Il est beau comme un astre, il a un sourire tiré jusqu'aux orreilles et ses yeux rayonnent de joie et de fierté devant ma réaction. Mon émotion est plus que visible et je sais que j'ai les yeux brumeux.
J'ai souvent l'habitude de ricanner devant ces émissions de télé-réalité quand la minette éclate en sanglots au moment où elle découvre le cadeau que son mari a préparé pour elle.
Ben je rigolerais plus jamais à l'avenir... Je sais pourquoi maintenant, je sais ce qu'elles ressentent.
Jamais je n'aurais cru qu'il puisse à lui tout seul, non seulement faire tout ce qu'il a fait, mais surtout réaliser l'un des rêves les plus intimes de mon adolescence (et dont je n'avais jamais parlé à personne).
Il me demande "ça te plait ?". Ce n'est pas vraiment une question car il connait déjà la réponse. Même un pépé avec deux dixième à chaque oeil voit que je suis sur le point de fondre en larmes.
Ma gorge est tellement nouée que j'arrive à peine à lui épondre "C'est magnifique".
Je m'approche de lui, je lui caresse timidement l'épaule car j'ai du mal à croire ce que je vois. "Tu es tellement beau", plus besoin de parler, mes yeux brillent comme une petite fille devant son premier arbre de Noel.
Il me prend par la taille, me serre contre lui et m'embrasse. Un baiser que je laisse durer.
Il commence par m'installer sur le canapé, part dans le bureau, revient avec son PC portable et me dit "j'ai fait ça pour toi". C'est un diaporama musical qu'il a monté avec ma chanson fétiche (While Your Lips Are Still Red de Nightwish) où son toutes nos plus belles photos qu'il a agrémentées de petites phrases.
Ce coup ci, c'est foutu pour le maquillage. Je sens deux grosses larmes couler sur mes joues.
Le diaporama terminé, je lui saute littéralement dessus. J'ai besoin de le serrer dans mes bras, de lui dire qu'il a fait de moi la plus heureuse des femmes et qu'aucun homme ne saurait plus me combler que lui.
Je lui defais sa cravatte, fais sauter ses trois boutons du haut. Je promene ma main sous le tissu, je caresse ses épaules dont je suis folle, son torse désormais totalement plat et masculin depuis son opération de septembre.
Je me blottis contre ce prince charmant qu'il s'est révélé être au fil des mois, contre cet homme doux et protecteur au caractère possessif, parfois jaloux qui, plus que tout autre chose, à fait de moi une femme à part entière et donné à ma vie un but autre que mon égoïste réalisation personnelle.
Il débouche la bouteile de clairette (nous n'aimons pas le champagne ni lui, ni moi) et nous sert.
Nous trinquons les yeux dans les yeux.
Le moment magique de toute soirée est cette premiere gorgée de vin que l'on boit les yeux rivés dans le regard de l'autre : C'est un moment dans lequel on s'abandonne totalement. Les souvenirs, bons et mauvais, de toute une vie se fondent les uns dans les autres pour devenir une seule et ultime vérité : On a aucun regret de tout ce que l'on a vécu ou non vécu parceque c'est cette suite d'évènements qui, au final, nous a conduit à cet instant unique de félicité où le bonheur n'est plus qu'un simple concept de la perception de sa propre joie de vivre intérieure mais bien une réalité tactile que l'on peut toucher du doigt.
Il part à la cuisine et revient avec les entrées.
Il a concocté tout le menu lui-même sans aucune aide.
Dans mon assiette, je découvre une petite salade composée ornée d'une tartelette de tomates au thon et de quatre brochettes de moules marinée aux épices, pannées et cuites en friteuse, dont l'aspect me rappelle celui des teriyakis japonais. A la façon que j'ai de dévorer une à une ses brochettes puis sa tartelette, il sait que sa cuisine me comble vraiment de satisfaction.
L'entrée ayant été substantielle, nous décidons de faire une pause et j'en profite pour ouvrir mon premier cadeau, le petit sac de papier blanc. J'en retire un bel écrin de la même couleur lequel contient un magnifique collier qu'il m'attache autour du cou et désormais ne le quittera plus jamais. Le pendentif est simple et beau et est orné d'un solitaire qui brille comme une étoile. J'ai horreur des bijoux trop compliqués, imposants ou trop voyants et son cadeau me comble de bonheur, il est exactement comme que je l'aurais souhaité si j'avais eu à le choisir moi-même.
C'est dans ces moments là qu'on voit si un homme vous aime vraiment ou s'il est juste amoureux.
Matt n'a pas eu besoin de me demander pour connaitre mes gouts. Il les devine désormais par lui-même du fait que ses sentiments lui permettent de me connaitre peut-être mieux que je ne me connais moi-même.
Le plat de résistance est arrivé : Un pavé de saumon agrémenté d'une sauce aux herbes et accompagné d'une petite construction de riz (ça c'est moi qui lui ait appris). Simple, raffiné et efficace.
Nouvelle pause et j'ouvre alors mon second cadeau.
Au toucher, j'avais deviné un livre ou une sorte coffret. C'était un album photo où il avait rassemblé les clichés de nous, de lui et de moi qu'il préférait. Certaines dataient d'avant notre rencontre, d'autres, de lui, très récentes et prises à mon insu.
C'est notre premier livre d'images, notre premier album de souvenirs.
On ne réalise pas toujours, surtout à notre époque où l'ordinateur et le virtuel se sont substitués aux moyens tradionels d'autrefois et font parfois perdre le sens de certaines choses, l'importance qu'un simple album photo peut parfois avoir, surtout dans un couple : Se contenter d'avoir ces images sur ordinateur, c'est leur faire perdre toute saveur, les rendre fades, banales parceque ça en fait des fichiers JPEG parmis d'autres qu'on ne différencie plus les uns des autres.
Une nouvelle pause avant le dessert et je danse, les yeux fermés, la tête reposée contre son épaule le temps d'un slow, une vieille chanson des Bangles, Eternal Flame, qui ce soir prend un sens particulier
Une simple danse unique, un autre moment magique de cette soirée dont il est le maitre d'oeuvre.
Le dessert arrive. Mon petit mari m'a préparé l'une de ses spécialités : Le fondant au chocolat.
Il en fait deux par personne et décoré mon assiettes avec des petites bougies et des dessins fait avec du coulis de fruits rouges. Par contre, cette fois, ce qui avaitr précédé était tellement copieux qu'à regrets, je dois renoncer -et lui aussi- à manger les seconds fondants lesquels n'ont échappé à leur destin que pour quelques heures puisqu'ils nous ont servi de petit déjeuner.
Une dernière danse et nous sommes allés nous couchés car il était près de minuit et mon petit homme devait se lever comme tous les jours aux aurores.
Dans la chambre, j'ai eu le droit à mon dernier cadeau sous les draps : Les bras de l'homme que j'aime autrour de moi, cet homme qui m'a offert cette si merveilleuse soirée, faisant de moi, au sein de toute cette féérie telle une vraie princesse de contes de fées, la plus heureuse des femmes et contre lequel je me suis blottie, comme une petite chatte, pour glisser tout doucement dans le sommeil, la tête contre son épaule.
Je profite également de ce post pour adresser mes remerciements à mes amis et ma famille pour tous les voeux et messages d'affection que j'ai reçu d'eux durant la journée et plus largement toutes les personnes qui ont fait que le jour de 38 ans a été le plus beau de mes anniversaires : Ma mère, mon beau-père, ma soeur cadette Nathalie pour le bouquet géant, ma soeur benjamine Sovannie, le père de mon mari, Constance ma formatrice, Tanya, Céleste et Kheira, mes amies et collègues de boulot, Jean-Phi et Sharon, mon super pote Backceasar et Petite-Brunete de Skyrock, Jenn, Cloé et Céline mes amies de Toulon, Enzo mon ami FTM d'Avignon,.
Mais, bien sur, par dessus tout, je tiens à te remercier Toi : Matt, mon homme, mon prince charmant, mon mari à qui je veux appartenir corps et âme pour toute la vie et l'éternité au-delà.
A tous et à toutes, merci du fond du coeur.